Merci de copier-coller cette lettre, la signer et l’envoyer à l’adresse mail suivante avant le 3 mai à midi :
permis.environnement@ville.namur.be
Réaction à l’enquête publique concernant le dossier 2024 – PUN003 –
Hôtel Van Der Valk à Bouge
Le 29 avril 2024
Monsieur le Bourgmestre,
Mesdames et Messieurs les Échevins, Conseillers Communaux et
Membres de la Cellule Permis d’environnement de la ville de Namur,
Par la présente, je souhaite, en tant qu’usager des « Jardins du Moulin à Vent », verger en reconversion bio situé au 90, chemin de Boninne à 5004, Bouge, marquer mon opposition à l’implantation d’un hôtel Van Der Valk à Bouge au croisement de la Rue Hébar et du Chemin de Boninne.
Remarque générale
Le promoteur de ce projet ne respecte pas les obligations définies par la Charte urbanistique et environnementale pour le Parc d’activité économique CARE’YS – Bouge, mentionnée dans l’Annexe n°.11 – Annexe 4, p, 13.
Le projet Van Der Valk compte 11 dérogations aux prescriptions légales d’application en vigueur au plan de secteur du parc CARE’YS..
En effet, il dépasse sur des points essentiels, les normes définies, ce qui lui permet de maximiser les bénéfices pour son projet.
De plus, il est un fait établi que ce projet d’hôtel se situe à l’extérieur de la zone définie en tant que « centralité urbaine » pour la ville de Namur, par le Schéma de Développement Territorial! SDT qui vient d’être approuvé par le Conseil des ministres de la Région Wallonne ce mercredi 24 avril en soirée. En regard de la « mission centralisante » que recouvre ces infrastructures, la présence d’un hôtel Van Der Valk à cet endroit n’est pas en conformité avec les décisions prises par la gouvernement wallon quant à son plan de développement du territoire!
En acceptant la présence d’un hôtel à cet endroit et en ne sanctionnant pas les écarts au plan de secteur, les autorités communales cautionnent une attitude non respectueuse des droits des citoyens et mettent en porte à faux les normes qu’elles ont elles-mêmes fixées et auxquelles elles sont soumises!
Concrètement, je marque mon opposition aux points suivants :
- Le projet en tant que tel
- L’objectif du projet :
Le Parc d’activité économique de CARE’’YS – Bouge a comme vocation le développement d’activités du secteur de la santé et de la silver économie (secteur économique dédié aux besoins des personnes de plus de 60 ans) et malgré ce qu’en décrit la demande de « Hôtel Van Der Valk SA Namur », la construction d’un hôtel sur ces parcelles déroge aux conditions définies par le PRE et la Charte urbanistique et environnementale fixés par arrêté ministériel le 28 août 2019.
Comme mentionné plus haut, la construction de cet hôtel déroge également au Schéma de Développement du Territoire approuvé en Conseil des ministres ce mercredi 24 avril 2024 en soirée!
Selon moi, cet hôtel n’a donc pas sa place dans ce zoning!
- Le coefficient d’occupation au sol :
Les prescriptions légales prévoient qu’ “un minimum de 20% de la surface totale de la parcelle sont affectés aux espaces verts”. (annexe n°. 11 – annexe 4, p.20.)
Or, “82% de la surface totale du projet est consacré aux constructions et surfaces extérieures aménagées pour 18% aux espaces verts”.
L’écart sollicité est donc de 10%, écart qualifié de “minime” par le promoteur (annexe n°.11 – annexe 4, p. 21.)
- La zone de recul :
Les prescriptions légales prévoient que “l’aménagement d’un parking à l’avant ne pourra être réalisé à moins de 2m par rapport à la limite avant de la parcelle.” (annexe n°.11 – annexe 4, p.20 – 21)
Or, plusieurs places se situent à moins de 2m de la limite de la parcelle. Le promoteur prétend qu’elles accueilleront des places PMR et que la bande herbeuse séparant la voirie de la parcelle fait déjà office de bande de recul. (annexe n°.11 – annexe 4, p. 21.)
La présence de places PMR à l’avant de la parcelle ne justifie pas la présence d’autres places à cet endroit, encore moins l’utilisation de la bande herbeuse qui longe la voirie comme bande de recul.
- La volumétrie :
Les prescriptions légales prévoient que “la hauteur des constructions (…) n’excède pas 14 m pour la zone située entre la rue Hébar, le Chemin de Boninne et la voirie d’entrée.” (annexe n°.11 – annexe 4, p.21)
La hauteur maximale de l’hôtel est de 22,5m!
Le gabarit du bâtiment dépasse de 60% la norme édictée par la Ville!
Van Der Valk essaie de justifier ce gabarit en se référant à d’autres bâtiments se trouvant à plusieurs centaines de mètres, comme le Lidl, Créagora… des sites soumis à d’autres décisions de plans de secteur et réalisés dans des conditions différentes et sans lien avec le projet Van Der Valk et dont la présence ne justifie aucunement l’écart au plan de secteur sollicité par celui-ci.
L’acceptation de tels écarts au plan de secteur serait la porte ouverte à la réalisation d’autres projets du même genre dans le parc CARE’YS – Bouge et je suis totalement opposé à cette éventualité.
Je demande donc, que sur tous les points précités, le promoteur se conforme aux prescriptions de la Charte urbanistique et environnementale pour le parc d’activité économique CARE’YS – Bouge!
2. L’impact sur la mobilité :
Le trafic généré par la présence d’un tel hôtel, d’une capacité de 178 chambres, un restaurant de 1425 m2 pouvant accueillir 760 personnes, plusieurs salles événementielles d’une capacité de 1808 personnes au total, d’un wellness avec piscine, sauna, hammam, salle de fitness, salle de détente d’une capacité de 100 personnes (annexe n°. 11 – annexe 4, p.3) ne manquera pas de créer un réel problème de circulation et de sécurité dans la rue Hébar, qui ne présente par ailleurs aucune infrastructure pour les piétons et les cyclistes, chaussée de Louvain (malgré ce qu’en dit Van Der Valk, qui prétend dévier toute sa clientèle vers le bas de la rue Hébar, ce avec quoi tous les GPS ne seront sans doute pas d’accord…), rue de Fernelmont, voire même route de Hannut et sur le double rond-point (rue de la libération).
Je demande donc, que les autorités compétentes prennent toutes les mesures nécessaires pour :
- assurer la sécurité des usagers (piétons, cyclistes, automobilistes) dans la rue Hébar ;
- améliorer la situation de circulation à hauteur du rond-point (rue Hébar) et du double rond-point (rue de la Libération) afin de fluidifier le trafic en amont (plateau de Bouge : Chaussée de Louvain, rue de Fernelmont, rue Hébar…)
3. Les nuisances sonores :
Je demande des précisions concernant la destination exacte des « salles événementielles » prévues dans cet hôtel. En effet, la demande de permis et la notice d’incidences sur l’environnement font mention d’une mise aux normes relatives aux nuisances sonores.
Ce type de salle d’une capacité de plus de 1000 personnes aurait en partie pour vocation d’accueillir des soirées dansantes ou des fêtes, ce qui déroge totalement aux conditions définies par le PRE et la Charte urbanistique et environnementale prévus pour le Parc Care’Ys-Bouge et ce à quoi je m’oppose formellement eu égard au respect de la faune qui niche et vit aux alentours, mais aussi évidemment au respect des riverains !
Je demande donc, que les autorités compétentes n’autorisent pas les soirées dansantes, les fêtes et toutes autres manifestations bruyantes dans les salles événementielles de l’Hôtel Van Der Valk.
4. L’impact environnemental :
Je souligne tout d’abord, que le Parc d’activité CARE’’YS-Bouge se situe à proximité directe de terres agricoles, d’un verger en reconversion bio et de terres appartenant à la Ville et destinées au maraîchage et à la production alimentaire pour le circuit court. Ce projet d’hôtel est donc entouré à l’Est et au Sud par une zone paysagère couverte de champs, de prés, de bosquets et de vergers. Un bâtiment de 22,5 m de haut et d’une capacité d’accueil de1808 personnes par jour n’entre pas du tout dans ce cadre paysager!!!
Je rappelle que la présence de ce type de bâtiment n’était pas prévue dans ce périmètre au départ par le plan de secteur et la Charte urbanistique et environnementale pour le parc d’activité économique CARE’YS – Bouge, encore moins par le SDT!
Je souligne également que ni la demande de permis, ni la notice d’incidences environnementale rédigés par le demandeur ne font état d’un éventuel impact environnemental sur la faune et la flore qui se trouvent déjà sur place et qui est essentielle au bon équilibre écologique des cultures, prairies et bosquets qui entourent le projet d’hôtel Van Der Valk. Ceci est un grave « oubli » dans le cadre d’une demande de permis unique.
Afin de limiter l’impact sur l’environnement d’un tel afflux de personnes et d’une telle infrastructure je demande :
- que les enseignes du complexe Van Der Valk ne dépassent pas les 2,50 m accordés au plan de secteur et qu’elles ne se trouvent pas sur les façades de l’hôtel qui sont tournées vers le Chemin de Boninne, et ce pour éviter l’augmentation de la pollution lumineuse de nuit, sachant que les terres agricoles qui jouxtent l’hôtel sont peuplées d’une faune très sensible à ce type de pollution : je relève ici la présence essentielle des buses, faucons crécerelles et autres rapaces ou prédateurs indispensables dans la régulation des populations de mulots et autres ravageurs très présents dans les vergers et autres types de cultures.
- que la hauteur maximale de cet hôtel ne dépasse pas les normes autorisées au plan de secteur, c’est -à-dire 14m de haut, sachant que des baies vitrées sont prévues aux étages de cet hôtel et que ces dernières constituent des pièges mortels pour les oiseaux. Ces mêmes oiseaux qui protègent nos vergers contre les insectes et les petits rongeurs.
- que la capacité des salles événementielles prévues dans l’hôtel Van Der Valk n’excède pas le nombre de places disponibles dans le parking de ce dernier, et ce pour des raisons évidentes : éviter le « parking sauvage » dans les alentours et notamment le long du chemin de Boninne. Je souligne par la même occasion les embarras de circulation et de mobilité que de tels rassemblements de personnes pourraient créer sur la voie publique et l’impact agressif direct que cela engendrera inévitablement sur la faune susnommée.
- que le promoteur prenne toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que la pollution d’éventuels écoulement de liquides de véhicules ne viennent d’une manière ou d’une autre créer une pollution plus large qui atteindrait la faune et les terres agricoles se situant à l’est et au sud, en aval de l’hôtel.
- que soit pris en compte l’impact possible de telles infrastructures sur les oiseaux migrateurs ou autres (Oies sauvages, Hérons, Aigrettes, …) qui trouvent refuge à l’étang de la Potresse, zone Natura 2000 située en aval au Sud -Ouest du projet Van Der Valk.
Je demande donc que soient pris en compte de manière sérieuse et réfléchie, l’impact qu’un hôtel d’une telle taille et d’une telle capacité peut avoir sur les terres agricoles qui le jouxtent et la faune qui y vit et contribue activement au bon équilibre de ces exploitations agricoles.
En conclusion, je demande que ce projet soit abandonné puisqu’il ne respecte pas la cartographie du SDT.
Dans le cas où il serait malgré tout maintenu, je demande que :
- ce projet soit revu et redimensionné à « taille humaine », en tenant compte du cadre paysager et de l’environnement dans lesquels il s’inscrit, dans le respect des habitants et de la faune qui vivent à proximité;
- ce projet tienne réellement compte des enjeux liés à la mobilité sur le plateau de Bouge;
- ce projet prenne en compte les enjeux environnementaux directement liés aux exploitations agricoles qui le jouxtent;
- que la Ville de Namur s’engage à respecter la Charte urbanistique et environnementale qu’elle l’a elle-même établie pour le parc d’activité économique CARE’YS – Bouge!
Je vous prie d’agréer mes sincères salutations,
Bien à vous,
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